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Zhor Sebti

Quel est le point de départ de Mme Zhor Sebti ?

Je suis née à Fès, en 1928, au milieu d’une famille bourgeoise. A l’âge de 8 ans, nous avons quitté la médina pour Fès ville nouvelle. Mon père, Hajj Omar, nourrissait l’ambition de me voir étudier. C’est en allant voir le directeur de l’instruction publique à Rabat que j’ai pu m’inscrire à la première école pour filles de notables. A cet instant, j’intégrais l’école où j’appris le crochet, le tricot et l’arabe. A mon arrivée, j’attisais la curiosité de mes camarades, l’enseignement jusque là n’était réservé qu’aux garçons, j’étais la première fille inscrite à l’école. Source de réflexion sans cesse renouvelée, l’enseignement sollicitait tout mon intérêt. Devant le regard curieux de la petite fille que j’étais, le directeur et son épouse s’étonnaient et mettaient à ma disposition tout leur savoir. A l’âge de 12 ans, j’obtenais mon certificat d’études et occupais dès lors les bancs de l’école française. J’ai pris goût à la littérature, une passion qui ne m’a jamais quittée et qui a très tôt éveillé en moi le rôle structurant de l’éducation dans l’émancipation de la femme.

 

Quel a été votre rapport à l’éducation ?

J’ai été élevée par deux pères. Mon oncle, n’ayant pas eu d’enfants, était une figure structurante pour moi. Lui et mon père avaient investi les hautes sphères de la politique, profondément sensibles à la cause nationaliste. Mes pères étaient des voyageurs, qui, de retour en eux mêmes, déployaient les routes du savoir qu’ils avaient pu acquérir en privilégiant l’éducation de leurs filles. Ils ont voulu faire évoluer leurs femmes et leurs filles par l’enseignement, une préoccupation prioritaire, affirmant par là même leur choix de société. Ainsi, je faisais partie d’un noyau de petites filles qui ont pu, grâce à des pères évolués, fréquenter l’école française. Leurs positions, sans aucun doute avant-gardistes pour l’époque, différaient de celles des femmes de la famille, convaincues de l’indéfectible permanence du statut ancestral de la femme, mise à l’écart de la vie sociale et condamnée à la sphère domestique de fait. Ma grand-mère, mes tantes et ma mère m’ont refusé l’accès à l’école mixte. Ma sœur, pourtant déjà mariée et de 8 ans mon ainée, s’est aussi vu refuser l’accès au lycée. Il s’agit en réalité d’une problématique globale d’ordre sociétal qui a, plus tard, mené à la régression tragique de la condition féminine.

 

Quelles ont été vos influences ?

Mon père était commerçant et parcourait les grandes routes commerciales, à la découverte du monde. C’est au Japon, en 1938, qu’il fit la connaissance de celui que l’on me désignera comme époux, mon cousin germain. Envoyé au pays du Levant afin d’assurer la gestion des importations de tissus de l’entreprise familiale, il y resta 7 ans. C’est ainsi que je me retrouvais fiancée, à l’âge de 10 ans. Les alliances familiales étaient d’abord l’affaire des aînés. Une décision soutenue par mon oncle, décidé à me garder près de lui. C’est par lui que j’apprenais que je me mariais. Naturellement, leur parole n’était pas à contester, c’est ainsi que 6 ans plus tard, je donnais naissance à mon premier enfant. Bien que je sois née 10 ans trop tôt, j’ai pu évoluer aux côtés d’un homme admirable qui voulait ce qu’il y avait de meilleur pour moi.

 

Quel a été l’élément déclencheur de votre prise de conscience par rapport au devoir d’autonomisation de la femme ?

Quelques mois après la naissance de mon premier fils, je partais à la découverte de l’Europe, en compagnie de mon époux. Je le suivais dans ses affaires, nous empruntions la route des commerçants de tissu. Nous sommes allés à Lyon, en Allemagne et en Autriche. C’est en 1946 que je prenais connaissance, à Lyon, d’une condition féminine nouvelle : la femme était en effet représentée dans l’ensemble des secteurs d’activité. Dans les milieux de la coiffure, du commerce, des affaires ou encore dans le milieu médical, bref, la femme active incarnait un élément clé de la société. De là, j’étais à même de saisir l’ensemble des perspectives qui s’offraient à la femme indépendante. A mon retour, je ne pus m’empêcher d’envisager ce modèle là pour les femmes marocaines. En même temps, je rencontrais Lalla Aïcha, fille aînée de son altesse feu le roi Mohammed V, profondément impliqué dans la cause féminine. Insistant sur le rôle fondamental de l’instruction, il avait donné à ses filles une éducation exemplaire.

 

Quelle position par rapport à l’identité de la femme marocaine ?

Nous sommes allées en plein centre de la médina, nous adaptions nos tenues en fonction. Les filles dont les pères étaient nationalistes étaient invitées chez Lalla Aïcha. Nous étions conviées à écouter le discours de la princesse, le même que celui formulé à Tanger, le 11 Avril 1947. A tout juste 16 ans, elle prononça un discours qui assit la fin des inégalités persistantes, soutenue par un alem, le fqeh Alaoui, partisan d’un islam éclairé et représentant de l’autorité religieuse. C’est d’ailleurs lui qui se chargea d’écrire l’allocution de la princesse, insistant sur le fait que l’islam encourage l’égalité. Une voix jeune et ardente s’élevait, clamant la nécessité d’instruire la femme, dans un élan d’éveil des consciences. La princesse asseyait la légitimité de son combat pour les droits des femmes. Elle avait quitté l’habit traditionnel pour un tailleur Lanvin, coiffée d’un léger foulard, libérée de son voile. Elevée au rang d’icône, Lalla Aïcha portait l’étendard de la femme marocaine dans l’arène politique. Elle obtint ainsi des concessions dans sa conquête des droits de la femme. A la fin de son discours, les femmes ont toutes, une à une, enlevé leur voile. C’était une période exaltante, nous appartenions à une communauté actante prise dans un mouvement synchrone. Suite à cela, le parti prit la décision d’envoyer un groupe de jeunes filles à Rabat afin d’engager un entretien avec le directeur de l’instruction publique, l’actuel ministère de l’éducation. Décidées à faire ouvrir un secondaire pour filles, nous nous sommes rendues au bureau du vizir de l’instruction publique. Assis dans une cabine où pouvait à peine tenir une personne, il nous accueillait avec un regard étonné : il n’avait pas l’habitude de traiter des questions de ce genre. Par la suite, nous nous sommes rendues au palais à la rencontre des princesses. C’est au même moment qu’arriva Mohammed V, il prit un temps d’arrêt pour s’exprimer sur l’importance fondamentale de l’instruction pour les femmes et la nécessité de reconnaître leur rôle dans la société. L’année suivante, en 1948, pour la rentrée, il y’avait un collège pour jeunes filles à Fès.

 

Par quoi s’est manifesté votre engagement politique ?

En 1953, j’intégrais l’association féminine des filles du parti de l’Istiqlal. Certaines d’entre elles avaient ouvert une cantine scolaire pour des garçons venus du Sud étudier à Casablanca. Mes pères m’ont demandé de devenir la présidente de l’association des femmes de l’Istiqlal. Seulement, je nourrissais d’autres ambitions que celle de servir le repas à de jeunes garçons. Au même moment, je rencontrais une personnalité hors du commun, Mme Meryem Bendella, fille d’un grand nationaliste. J’ai été tout de suite fascinée par son esprit, nous partagions la même vision de la femme. Nous nous sommes associées pour fonder, en 1953 Dar Al Moualima, avec l’accompagnement d’un oncle. Un local a été mis à notre disposition au mois de Septembre. Avec le concours d’une amie couturière, formée en coupe couture moderne après avoir fréquenté les plus grands ateliers de la haute couture, nous avons ouvert une formation de couture pour mes jeunes filles. Le local était derrière la place de la grande mosquée, dans le quartier des Habous. Nous n’étions qu’une dizaine au départ, puis une quarantaine, des femmes formaient d’autres femmes. L’intérêt des apprentis était grandissant, nous avions des bénévoles pour les cours de français et de dactylographie. Quelques mois plus tard, je quittais Casablanca pour Tanger, où j’ai donné naissance à mon second fils. Dar Al Moualima rencontrait un franc succès jusqu’au retour de Hajja Hbiba, l’ex présidente de l’association féminine du parti de l’Istiqlal. Constatant les changements que nous avions opérés en transformant une simple cantine en école, Hajja Hbiba avait vite fait de s’y opposer. Seulement, j’étais en couches, loin de Casablanca. Lalla Meryem m’en fit part, l’ex présidente voulait reprendre les choses comme elle l’entendait. Quelle ne fut pas ma déception lorsque j’appris que nous n’avions plus de local. Au vu des contraintes qui m’appelaient, je décidais d’en rester là. Quelques jours plus tard, j’apprends qu’un endroit magnifique sera mis à notre disposition, à l’Ermitage. Flattée, je rappelle Lalla Meryem, nous allions redémarrer avec de nouvelles ambitions, dans la continuité de DAM.

 

Dans la même logique d’autonomie, d’acquisition de libertés et d’engagement civique, comment êtes-vous parvenue à faire évoluer Dar Al Moualima ?

Nous étions en 1953, à l’orée de l’indépendance nationale. L’endroit était cerné de bidonvilles. Jusque là, il n’y avait que quelques cabanes laissées à l’abandon. Nous sommes allées à la rencontre d’une trentaine de jeunes filles avec un fonds de roulement financé par le parti de l’Istiqlal. Je voulais une école ménagère, une belle école pour que les filles puissent apprendre à lire et à s’émanciper. L’école, dessinée par Plan, un architecte français qui officiait au Maroc, était un endroit magnifique. Un collège assurait l’apprentissage de la cuisine aux jeunes filles. Au bout de 3 ans, nous avions 800 jeunes filles et l’école s’étendait à 6 constructions. Dar Al Moualima devenait institution Tahar Sebti, reconnue d’utilité publique en 1957, l’établissement est né dans le contexte de l’indépendance nationale. Avec une aide financière appuyée par la présidente de l’entraide nationale et le soutien de ma famille, nous avons pu engager des instituteurs et assurer les frais minimes engendrés par l’école. Nous avons commencé par dispenser des formations professionnelles aux jeunes filles marocaines et des cours d’alphabétisation pour les élèves issus de milieux défavorisés. Les jeunes filles apprenaient l’arabe et le français, apprentissage que nous avons voulu maintenir malgré l’arabisation. L’école n’était pas seulement un espace d’apprentissage théorique, nous avons mis en place des cours de broderie, l’acquisition d’un savoir faire faisait de l’école un espace où, par l’éducation, les femmes pouvaient avoir le droit au travail. Les techniques de broderie marocaine étaient enseignées par une maîtresse de travaux qui nous avait été envoyée par l’ambassade de France. La broderie marocaine, fleuron du savoir faire fassi, s’éclipsait. C’est alors que nous avons entrepris de remettre en état la broderie marocaine en réhabilitant la broderie de Fes, un patrimoine immatériel voué à la disparition, grâce à la restitution d’un savoir faire ancestral. En même temps, j’organisais des soirées de Gala, vitrines de choix qui permettaient d’assurer le financement des formations et certainement d’asseoir la légitimité de l’école. Chaque événement organisé mettait à l’honneur nos couturières et était à même d’illustrer les savoir faire et les créations. J’avais créé un modèle économique, financé par un réseau de donateurs, en vue de rassembler les fonds nécessaires pour assurer la pérennité de Dar Al Moualima. En 1966, nous avons reçu feu sa majesté le roi Hassan II, accompagné des membres du gouvernement, le premier jour de sa tournée en tant que monarque.

 

Parallèlement à votre contribution dans la lutte pour l’alphabétisation de la femme marocaine, vous avez été à l’origine d’une entreprise à succès, Maison Fadela

Quelques années après avoir enclenché l’activité de Dar Al Moualima, j’ai ouvert mon propre atelier, Maison Fadela, en m’associant à ma couturière et amie, Jeanine Allari. Nos circonstances étaient particulières, la maladie avait condamné mon époux et je me voyais, veuve, mère, seule, je me faisais du soucis, je me voyais  comme une jeune femme qui allait recommencer à dépendre de ses parents. D’abord, je rencontrais celle qui sera ma future associée, Mme Jeanine Allari. A cette période, Maison Joste ouvrait à Casablanca, une boutique Passage Glaoui pour Christian Dior et Saint Laurent. Mon amie Jeanine Allari, qui avait étudié la haute couture à la chambre syndicale française de la haute couture à Paris, officiait pour Dior et avait, au même moment, été envoyée à l’atelier de Casablanca. Elle ouvrit, quelques années plus tard, son propre atelier de couture où elle dirigeait une trentaine d’ouvrières israelites. Plus tard, Jeanine se retrouvait contrainte d’abandonner son activité suite au départ de ses employées, à l’exode. C’est à ce moment que j’ai été voir Jeanine pour lui demander de participer au projet avec moi, nous avons ensemble créé Maison Fadela en 1967. 6 mois plus tard, mon mari décédait. Nous étions en 1968. Mon activité m’a ainsi permis de financer les études de mes enfants. Mes fils ont étudié en Suisse et mes filles ont fait de la pharmacie. Maison Fadela a habillé des icônes, dont Madame Barre, épouse de Raymond. J’ai présenté une collection à Washington avec Jacqueline Benjelloun, suite à cela je reçois une commande de Mme Kennedy. Ensuite, c’est à Londres que nous avons exposé nos réalisations, dans un hôtel libanais. Maison Fadela s’est aussi illustrée à Téhéran, au palais de l’impératrice Farah Pahlavi, troisième et dernière épouse du Chah d’Iran. A la même période, Kenza Torres était ambassadrice du Maroc à Téhéran, et j’ai pu avoir la chance de visiter le pays, d’aller à Persepolis. A Jeddah, nous avons présenté deux collections qui connurent un franc succès. Les femmes prenaient par dix toilettes. Jeanine a modernisé le caftan, j’apportais mon savoir faire en matière de broderie et de tissus, et très vite, tout Casablanca en réclamait. Dans cette merveilleuse aventure, j’appris une chose sur moi même : pour moi, c’était l’école qui était la plus importante. En 1972, j’épousais le général Driss ben Omar El Alami.

 

En tant que personnage actant de la condition féminine, vous avez entrepris, en 1998, d’ouvrir l’Ecole Riad Zitoun

J’étais lassée du tumulte casablancais, j’avais plus de 50 ans de carrière et je cherchais quelqu’un pour s’occuper de l’école. Avec mon mari, nous avions construit une maison à 20 km de la ville, sur la route de l’Ourika, à l’intérieur des terres, dans la province du Haouz. Dans cette courte retraite, j’avais une petite fermette dont je m’occupais, mais il m’est très vite apparu que cela ne me correspondait pas. J’ai vendu les moutons et laissé tomber le poulailler. Je voyais ce poulailler vide et ça tournait dans ma tête. C’est en parcourant une revue que je suis tombée sur la biographie d’une jeune marocaine entreprenante, sur la page d’après je lis que la région du Haouz où nous étions comptait 90% d’analphabètes. J’étais hors de moi même. Je comprenais, plus tard, que les jeunes filles n’allaient pas à l’école à cause de leurs parents, hostiles à l’idée qu’elles côtoieraient des garçons. J’ai décidé d’aller à la rencontre des filles, d’aménager l’endroit et de leur donner des cours. Hayat, ma fille, m’encouragea en me proposant l’aide de ses amis. Très vite, je me suis retrouvée à avoir l’Ecole Riad Zaitoune. Le gouverneur de Tahanaout était enthousiaste. L’école assurait l’enseignement de base de l’arabe et du français, l’apprentissage en broderie de Fès, Meknès et Salé et en coupe couture moderne, le tout sur un cycle de trois ans. A Casablanca, les donations se démultipliaient et ce, grâce à l’aide agissante de l’ITS, dirigée par Mme Amina Slaoui. Nous avions construit quatre classes et un bureau. Deux ans plus tard, Mme Zoulikha Nasri, directrice de la fondation Mohammed V pour la solidarité, se rend à l’école et me propose de l’aide, dans le cadre de la première campagne de solidarité. L’école rencontrait un réel succès et les demandes d’admission ne cessaient de croitre. Il nous est apparu nécessaire de construire une extension, réalisée en Février 2001. En 2002, sa Majesté Mohammed VI nous a fait don d’un magnifique autocar pour le transport des élèves et du personnel, palliant ainsi à la première cause d’absentéisme à l’école qui est le manque de moyens de mobilité. En septembre de la même année, l’école a été équipée d’une salle informatique. Nous pouvions aller chercher des jeunes filles dans des régions plus éloignées, j’ai pensé alors à ouvrir la formation d’hôtellerie, c’est alors que je demande à Mme Zoulikha Nasri un rendez vous pour que nous puissions en parler. La fondation a gracieusement accepté de financer la formation. En 2008, une initiation à l’apprentissage de la coiffure a été lancée. En janvier 2011, l’école a créé une classe maternelle mixte pour les enfants de cinq ans. Nous avons choisi d’étendre le champ de compétence de l’école à la formation professionnelle en deux ans supplémentaires aux métiers de base de l’hôtellerie et de la restauration qui, en plus d’être des secteurs extrêmement dynamiques de notre économie représentent une opportunité de qualification à l’emploi dans le domaine du tourisme pour les futures diplômées de l’école. Une association française, Restaurants Sans Frontières, a voulu nous aider à avoir une cantine scolaire pour les élèves. Ils nous ont apporté de l’argent pour construire une cantine qui est en train de se terminer. J’ai voulu lancer ma formation d’éducatrice spécialisée. Aujourd’hui, nous avons deux chantiers en cours à l’école. L’école regroupe 120 filles et 30 bébés au préscolaire. Les parents voyaient la réussite de leurs filles, qui pouvaient désormais gagner plus que leurs fils ouvriers agricoles. Après 6 ans, nous avions des filles évoluées, formées de façon professionnelle et indépendantes qui avaient reçu trois heures d’études à l’école et une formation en coupe couture, à même d’assurer leur autonomie financière.

 

Quel message souhaiteriez vous transmettre à la femme marocaine ?

L’ignorance efface d’une certaine façon la culture, lieu où l’âme prend corps. D’une certaine façon, priver une personne d’éducation l’amène fatalement à la servitude. La culture est un combat, je souhaite que les consciences s’éveillent là dessus. Il faudrait parvenir à fournir à nos jeunes filles un enseignement de qualité qui puisse tenir compte des leurs besoins réels en vue de leur assurer une assise solide, garante de la démocratie, d’une vie plus juste, plus digne, et d’une autonomie certaine.

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