Yasmina Rheljari

Quelles sont vos origines ? Où vivez vous ?

Je suis « arabo-vendéenne »

J’ai donc eu la chance de baigner dans une double culture très riche et pleine de bienveillance et d’ouverture d’esprit.

Mes parents nous ont (mon frère et ma sœur) toujours inculqué le sens du respect des différences avec même une recherche de ces dernières comme un enrichissement à la fois rare et savoureux.

Cette curiosité je l’ai nourrie aussi des livres qui m’ont très tôt accompagnée partout.

Je vis à Rabat.

 

Quelles études avez-vous suivies et pourquoi ce choix d’études ?

Une fois mon bac en poche, je voulais avec un ami créer une « boite de com » (les rêves de jeunesse vous savez ?) alors j’ai intégré d’abord Tolbiac mais que j’ai rapidement abandonné pour ces murs gris déprimants où je ne me voyais vraiment pas passer mes années d’études et j’ai eu la chance de découvrir l’école WELLER à Paris que j’ai intégrée pour son programme très pragmatique et complet, véritable généraliste de l’entreprise qui privilégiait énormément l’immersion dans « la vie réelle »

 

Quel a été votre premier job après l’école ?

En fait mon premier job je l’ai eu avant d’avoir quitté l’école. J’avais décroché un stage à ELEUTHERA, une agence de com qui avait entre autres comme client les Editions Albert René : Astérix et Obélix donc !

Et mon boss a décidé de me garder après mon stage : j’ai sauté sur l’occasion. Vous imaginez une boite de communication, ça ne pouvait pas se refuser !

Seulement, le job qu’on me proposait était dans les « chiffres » très loin de mes « ambitions de l’époque ».

Alors, j’ai été à l’affut d’une opportunité qui a fini par se présenter à moi en août, alors que les bureaux étaient vides et que j’étais la seule personne disponible.

Mon Boss m’a demandé de réaliser des interviews de célébrités sur leur passion de la BD.

Cette première mission presque réussie (un enregistreur que j’avais oublié d’enclencher pour une des interviews et pour laquelle mon boss m’a donné une leçon magistrale de gestion de l’erreur bienveillante), on m’a confié d’autres choses jusqu’à ce que je gère le département PR de l’agence.

Une période très joyeuse et pleines de surprises où il fallait sans cesse être sur la brèche et surtout très créative pour convaincre les médias de parler de nos actualités.

 

Pourquoi avoir quitté Paris alors que vous y aviez une vie que vous aimiez ?

Pour la famille !

La seule raison valable à mon sens…

J’ai accepté de rejoindre mon père qui avait besoin de moi pour l’aider dans son travail. Et finalement c’était une « bonne chose » car malheureusement il est décédé quelques mois plus tard. Aussi ces précieux mois m’ont permis de comprendre un peu mieux son entreprise qui était basée en Libye, mais surtout de pouvoir passer du temps avec lui, un précieux temps que je chéris encore aujourd’hui.

 

Parlez nous de votre retour au Maroc

Eh bien, un retour avec de nouveau plein de projets dans la tête. Et notamment celui de lancer une société de restauration collective. Mon premier client a été une entreprise de cinéma. C’est grâce à ce client que je suis vraiment « retourné » au Maroc, je veux dire loin de l’axe Rabat/Casa. J’ai pu ainsi découvrir des endroits absolument sublimes de mon pays mais surtout des personnes rares que je porte encore dans mon cœur.

Vous savez chaque rencontre vous apporte une nouvelle chose, un nouvel éclairage sur la vie, et je suis convaincue que c’est le lien que nous tissons avec l’autre qui nous maintient vraiment dans la vie.

 

Comment a démarré l’aventure Carnegie ?

J’adore ces mots de Paul Eluard « il n’y a pas de hasard il n’y a que des rendez-vous ».

Et concernant Carnegie, c’était une conjonction de hasard, de chance et de travail aussi !

En 2001, je voulais  créer un cabinet de formation et avant cela en suivre une auprès d’un leader.

Aussi, c’est tout naturellement que je me suis inscrite à une formation Dale Carnegie sur leur site web.

Mais la réponse automatique générée a été « sorry personne sur le Maroc pour délivrer cette formation ».Alors j’ai répondu à cette réponse automatique « et bien moi je suis là et ça m’intéresse de vous représenter » et contre toute attente j’ai obtenu une réponse !

A partir de là il a fallu 9 mois pour convaincre Dale Carnegie & Associates de m’accorder la franchise pour le Maroc. Et puis, finalement nous avons démarré l’activité en 2001. Une très mauvaise année avec un chiffre d’affaires ridicule. Mais au fur et à mesure les choses se sont installées et nous avons pu faire notre place sur le marché de la formation continue.

 

Après des débuts difficiles, vous vous êtes accrochée et y avez toujours cru, pourquoi ? Qu’est ce qui vous a donné cette conviction ?

Parce que j’aime ce que je fais et je suis convaincue que Dale Carnegie a la meilleure approche pour impacter les personnes et donc la performance d’une entreprise. Nos formations sont conçues pour transformer les attitudes et permettre aux personnes de vivre plus harmonieusement leur travail.

Et puis parce que chaque « non » nous rapproche du oui : c’est statistiquement prouvé !

Et enfin parce que dans ma famille on est plutôt des « pas lâcheurs »

 

Et si vous deviez nous raconter vos rêves, quels seraient-ils ?

En ce moment j’ai trois rêves dans mes tiroirs.

Terminer  mon livre, parce que les mots ont une place très importante dans ma vie et que je ne peux pas vivre sans eux, faire de la radio aussi est un rêve que je porte depuis longtemps, j’aimerais beaucoup pouvoir partager mes mots pour transmettre une bonne énergie aux auditeurs le matin quand ils sont dans les embouteillages et enfin pouvoir aider et surtout partager -« loving is sharing »- ce que j’ai appris toutes ces dernières années  avec  les enfants et leurs mamans aussi : les « walidat dyal maghreb »

 

D’où vous vient cette envie d’aider « Walidat Al Maghrib » ? A quel niveau pensez-vous pouvoir les aider et quelles seraient les actions envisageables ?

Disons que j’ai eu à fréquenter le « tribunal de la famille » et j’ai observé certaines choses qui étaient vraiment dures. Par exemple les mamans sont parfois obligées de rentrer avec leurs enfants dans la salle de tribunal n’ayant personne pour les garder.

Ce qui, vous imaginez bien, n’est pas une excellente chose pour eux ! Aussi je me demande si certaines entreprises pourraient parrainer des espaces pour pouvoir accueillir ces enfants le temps de la « jalssa ».

Et puis, également parce qu’autour de moi je vois des histoires difficiles pour toutes ces mamans courage qui ont dû affronter les épreuves d’un divorce et qui, en plus, rencontrent beaucoup de difficultés pour faire respecter certaines choses comme le versement de la pension.

Il faut en effet pouvoir notifier le jugement, ce qui s’avère être un véritable parcours de combattantes quand par exemple on n’a pas l’adresse du papa indélicat.

Alors pourquoi ne pas créer des centres pour les « Walidat dyal Maghrib » pour leur simplifier la vie (nous le faisons bien pour des investisseurs aguerris).

Ces centres réuniraient toutes les informations accessibles avec un simple numéro de CIN (adresse, compte en banque etc.), et pour ces papas indélicats (ils ne le sont pas tous je sais) bancarisés, un prélèvement à la source qui permettrait à nos walidat dyal Maghreb de ne pas se demander comment elles vont faire pour nourrir, soigner et scolariser leurs enfants mais juste de les éduquer et de les aimer !

 

Un conseil pour les femmes qui lisent cette interview

Réveillez-vous et rêvez !

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