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Meryem Cherkaoui

D’où venez-vous ?

Je suis née et ai grandi à Salé

Avez-vous poursuivi des études culinaires, si oui dans quel établissement?

Ayant une vision claire sur mes aspirations professionnelles et une fois mon baccalauréat en poche, j’ai intégré l’Institut Paul Bocuse à Lyon pour m’initier à l’art culinaire. Après deux ans d’initiation, commence mon aventure passionnante dans plusieurs institutions de la gastronomie française. Je me suis formée au sein d’équipes solides et rigoureuses comme celle de l’hôtel Le Crillon à Paris ou encore celle de l’hôtel Majestic à Cannes où j’ai rencontré mon futur époux et manager Philippe Pesneau. Avant de rentrer au Maroc, je me suis installée pour un moment en Bretagne.

Comment s’est opéré votre retour au Maroc ?

Une fois mon apprentissage terminé, j’étais vouée à retourner au Maroc. C’était un but en soi. J’ai alors ouvert en 2003 à Casablanca « La Maison du Gourmet » en collaboration avec mon époux. Il s’agit d’un restaurant où je proposais une cuisine qui met en lien les senteurs et saveurs de la gastronomie traditionnelle marocaine et la technicité de la gastronomie française.

 

L’aventure ne s’est pas arrêtée à la Maison du Gourmet ?

Absolument, en parallèle j’ai mené des missions à l’étranger pour la promotion de ma cuisine. De Sao Paolo à l’Ile Maurice en passant par les métropoles d’Amérique du nord. A partir de 2010, je me suis lancée dans une nouvelle aventure, celle des ateliers de cuisines que j’ai nommés « Saveurs des Chefs » pour les néophytes comme pour les aguerries de la cuisine. J’ai aussi fait du consulting pour des professionnels de la restauration dès 2011.

Un an plus tard, j’ai eu l’idée d’exporter les épices marocaines du fait de la demande constante de chefs ou simples particuliers que je rencontrais lors de mes déplacements à l’Etranger. Dima Terroir, une marque d’épicerie fine marocaine a ainsi vu le jour. L’idée était de collaborer étroitement avec différentes coopératives à travers le pays pour permettre une diffusion de produits de haute qualité ailleurs. En lançant cette marque, je n’avais pas l’ambition d’en faire un business, mon objectif était d’aider les coopératives à tourner, en mettant à leur disposition du matériel pour développer leurs activités et donc leurs conditions de vie.

Toujours en mouvement, cette année j’ai rejoint l’hôtel Mandarin Oriental à Marrakech. Je suis à la tête de son restaurant Mes’lala auquel j’insuffle mes valeurs culinaires que je cultive depuis longtemps.

A quel moment de votre vie avez-vous compris que vous étiez une femme indépendante et que vous vouliez vivre en tant que telle ?

En commençant le métier de la cuisine, j’ai compris qu’il fallait être indépendant, car c’est un métier qui demande de l’autonomie, de la rigueur, cette indépendance c’est faite naturellement.

 

Depuis vos débuts qu’est ce qui a le plus changé dans votre façon d’entreprendre ?

Au fil des années ma manière de gérer mes équipes a changé. Bien que ce métier tienne principalement de la rigueur, j’ai appris à tempérer ma sévérité. La vie est faite de compromis, tomber dans le piège de l’extrême n’est pas une solution envisageable dans un métier comme le mien.

 

Le fait d’être une femme dans un milieu d’hommes ?

Il est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de chefs femmes dans le milieu mais n’empêche que celles qui y évoluent sont assez coriaces et s’en sortent brillamment. A travers ma propre expérience, j’ai assimilé la complémentarité que je peux avoir avec les chefs hommes.

 

Quelles sont les personnes du monde culinaire qui vous inspirent ?

Je n’ai pas eu de personnes qui m’ait influencée, car j’ai revisité la cuisine marocaine et auparavant personne n’était dans ce registre. Après, j’ai toujours aimé la philosophie de la cuisine du chef Pierre Gagnaire, qui fait une cuisine d’auteur et osée, et j’avoue que quand j’ai commencé j’avais une cuisine plus complexe, un besoin de prouver et aujourd’hui j’ai une cuisine plus lisible allant à l’essentiel, sans fioritures.

 

Quels sont les champs susceptibles de vous intéresser et que vous n’avez pas encore explorés ?

Ma cuisine est toujours remise en question avec les nouvelles techniques, des souvenirs…., par contre le cinéma est un domaine qui m’a toujours attire avec ce côté mise en scène et performance par le dépassement de soi même.


Si vous deviez donner un conseil aux générations suivantes de jeunes femmes que diriez-vous ?

Je leur dirais d’avoir de la rigueur, de la persévérance, de la passion et du rêve, et d’aller au bout de ses idées.

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