Meryem Belqziz

D’où venez vous ? Où vivez vous ?

Je suis née à Casablanca et après plusieurs années à l’étranger (17 années passées entre Paris, Londres et Madrid), je suis revenue à Casablanca il y a 4 ans.

 

Quelles études avez vous faites et qui vous a influencée dans ce choix d’études ?

J’ai fait un baccalauréat scientifique car considéré comme la voie royale et aussi car j’avais beaucoup de facilités en mathématiques. Ensuite, j’ai décidé de faire une école de commerce (ESCP Europe) car cela me permettait d’avoir une formation à la fois de qualité et généraliste pour faire différents métiers. Plus tard, après plusieurs années en banque, j’ai décidé de faire un MBA à l’INSEAD pour me réorienter vers le conseil.

Mes choix ont été surtout le fait de réflexions personnelles et de recherches sur ce qu’avaient fait des personnes qui m’inspiraient. Mon père m’a également aidé à préciser mes choix à des moments clés d’orientation.


 
Quels sont les problèmes que vous avez rencontrés, durant votre jeunesse, qui vous semblent liés au fait d’avoir été une jeune fille ?

Je n’ai jamais ressenti le fait d’être une jeune fille comme un handicap, bien au contraire. Le fait d’être une fille m’a plutôt poussé à essayer de nouvelles voies, relever certains défis qui sont parfois déconseillés aux filles.

 

Quel a été votre parcours avant Uber ?

J’ai travaillé pendant sept ans en banque, en financements structurés (Société Générale et Sumitomo Mitsui) à Paris et Londres avant de me réorienter vers le conseil (Boston Consulting Group) quand je suis rentrée au Maroc il y a 4 ans. Après une expérience de 2 ans dans le conseil, j’ai dirigé une PME familiale dans le secteur de l’agro-alimentaire avant de lancer Uber au Maroc.

 

Racontez nous comment a débuté votre aventure avec Uber 

Je suis une grande admiratrice d’Uber depuis ses débuts. Après mon MBA à l’INSEAD, beaucoup de mes camarades de classe ont intégré Uber pour diriger des filiales à travers le monde (Colombie, Japon, EAU etc.). Leur passion ainsi que la vision futuriste de Travis Kalanick, le fondateur de Uber, m’ont poussée à contacter le management régional de Uber pour les convaincre de lancer une filiale au Maroc.

 

Quelle est la différence entre une entreprise « classique » et une entreprise en full digital comme Uber ?

Je ne sais pas si c’est lié au fait d’être en full digital mais je trouve qu’il y a deux différences fondamentales entre mon expérience chez Uber et mes expériences précédentes : 1) les choses bougent à une vitesse incroyable chez Uber et 2) les décisions sont toujours prises selon une approche basée sur les données (et non des considérations politiques ou autres).

Cela crée une culture très dynamique et stimulante ainsi qu’une ambiance de travail très saine.

 

Le fait d’être une femme vivant au Maroc a-t-il influencé votre manière d’exister et d’entreprendre ?

Le fait d’être une femme vivant au Maroc m’a poussée à relever plus de challenges. Je trouve que paradoxalement, dans les pays arabo-musulmans, une femme ambitieuse a plus de facilités que dans les pays occidentaux car elle sort plus facilement du lot.

 

Depuis vos débuts qu’est ce qui a le plus changé dans votre façon d’entreprendre ?

Je suis beaucoup plus à l’aise aujourd’hui avec l’ambiguïté qu’auparavant et j’essaye toujours de privilégier l’action au perfectionnisme. Réfléchir et analyser sont essentiels à toute action mais à un moment il faut agir même si nous n’avons pas toutes les données en main. Cette approche de « trial and error » permet d’avancer plus vite et d’apprendre de ses erreurs.

 

Quels sont les entrepreneurs qui vous ont le plus inspirée ? Comment influencent-ils votre travail ?

Je suis très admiratrice d’entrepreneurs ou de personnalités du monde associatif qui ont une vision claire de la manière dont ils veulent changer le monde et qui appliquent cette vision au quotidien. J’admire particulièrement Steve Jobs qui a été visionnaire toute sa vie et a transformé notre rapport à la technologie ainsi que Aicha Chenna qui œuvre sans relâche pour les droits des mères célibataires.

 

Quels sont les hommes qui ont été présents dans votre vie ?

Mon père a été et est toujours très important et très présent dans ma vie. Il m’a enseigné la valeur du travail et m’a toujours poussée à poursuivre mes rêves.

 

Si vous deviez donner un conseil aux générations suivantes de jeunes femmes que diriez-vous ?

Je donnerais un seul conseil, que je pense être essentiel : ne vous bridez pas, ne vous censurez pas. Poursuivez vos rêves, faites ce que vous voulez et n’écoutez pas ceux qui veulent vous mettre dans une case ou limiter vos ambitions.

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