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Elham Nekmouche

Quelles sont vos origines ? Où vivez-vous ?

D’origine Marocco-Iranienne, j’ai profité d’une éducation empreinte d’ouverture, de respect des traditions et d’acceptation de l’autre. Ma double culture m’a permis de parler quatre langues (Français, Arabe, Anglais et Persan). Aujourd’hui, je vis  à Casablanca, ville que j’apprécie pour sa diversité et la richesse de son patrimoine architectural.

 

Quelles études avez-vous faites ? Ce choix était-il votre choix de départ ?

Après avoir obtenu mon Bac au Lycée Lyautey, j’ai rejoint New York pour poursuivre mon cursus universitaire à Pace University où j’ai obtenu un diplôme en Corporate Psychology et en Applied Psychology.

 

Racontez-nous votre expérience à New-York ?

Mon expérience à New York pendant mes études a été très enrichissante car elle m’a permis de développer ma capacité à gérer des étudiants en tant que Resident Assistant.

En intégrant aussi l’équipe de golf de l’université, j’ai appris ce qu’était vraiment l’esprit sportif ainsi que l’esprit d’équipe qui m’ont permis de consolider mes relations amicales avec tous les membres de l’équipe, tous de différentes nationalités et diverses cultures. New York étant un Melting Pot, j’ai pu découvrir et apprécier toutes sortes de cultures dans une ville cosmopolite pleine de vie et d’originalité, ce qui a été décisif dans le développement de mes capacités de communication et d’acceptation de l’autre. A la fin de mes études, j’ai eu l’occasion et le plaisir de travailler pour le groupe « Estée Lauder Companies » au siège de New York comme Coordinatrice RH, cela m’a permis d’être en contact direct avec la défunte Evelyn Lauder, remarquable personnage connue pour être le « Nez » du groupe et d’une générosité telle qu’elle partageait ses qualités et son expérience avec tous ses collaborateurs.

 

Pourquoi revenir au Maroc ? Et comment s’est déroulé votre retour au pays ?

Revenir au Maroc en laissant de belles opportunitnées n’a pas été un choix facile mais la famille, les amis et surtout la nostalgie du Pays ont tout balayé.  Ceci dit, New York me manque, raison pour laquelle j’y effectue des séjours assez réguliers. De plus mon frère y vit avec sa petite famille, ce qui me permet d’y avoir toujours des attaches.

De retour au Maroc, je me suis mise en quête de travail et comme tout le monde j’ai envoyé mes CV à l’attention de toutes les grandes sociétés à la recherche d’un poste à Responsabilité en Ressources Humaines.

Après quelques propositions, j’ai eu la chance de prendre en charge la gestion des Ressources Humaines d’Atlas Hospitality (Leader Marocain de l’hôtellerie) Expérience très enrichissante où j’ai eu le plaisir de travailler dans une bonne ambiance avec une équipe dynamique.

 

Vous êtes aujourd’hui Directeur Ressources au sein d’Upline Group – Groupe Banque Populaire, comment cela s’est-il déroulé et quel est votre mission ?

Après trois ans au sein d’Atlas Hospitality, j’ai été approchée par un chasseur de tête pour plusieurs postes de DRH au sein de multinationales mais mon choix s’est porté sur la proposition d’Upline Group, Banque d’Affaires Marocaine par la qualité de son staff, jeune et dynamique, son envergure et ses ambitions. En choisissant ce groupe, j’étais sûre que l’opportunité me serait donnée d’innover et de mettre en application un process de management des Ressources moderne à l’image des plus grandes sociétés internationales, en mettant en œuvre des actions nouvelles qui permettent de consolider les liens entre les différents acteurs de la structure, encourager la compétitivité, reconnaître les plus méritants. Aujourd’hui, je ne regrette absolument pas mon choix.

Cela a été un nouveau challenge pour moi grâce au travail d’équipe avec des Hauts cadres supérieurs à la pointe de la finance. Se faire adopter, connaître un par un la personnalité de chacun, connaître leurs besoins, leurs soucis, leurs préoccupations, faciliter et encourager le travail en équipe tels étaient mes objectifs pour leur offrir une ambiance de travail, à même de booster la performance déjà au top niveau sans oublier toutes les autres équipes à toutes les échelles à qui il faut rendre hommage.

Quelques temps plus tard, en plus de la gestion des Ressources Humaines, on m’a confié une mission supplémentaire qui est la gestion des Achats et de la Communication du groupe d’où le titre actuel« Ressources » qui regroupent à la fois la gestion des RH et de la Logistique. Toutes ces différentes responsabilités et missions m’ont permis de développer mes capacités de management.

Aujourd’hui, faisant partie du Groupe Banque Populaire, mon champ d’action s’est élargi en développant mes relations professionnelles et en instaurant une synergie entre les différents métiers de la Banque avec ceux de la Banque d’Affaires, en vue de mettre en place un environnement où l’interêt du client a toujours été primordial tout en étant une entreprise citoyenne grâce à sa fondation et ses actions d’intérêt gênéral.

Je crois vraiment, que j’ai acquis une expérience hors du commun après mes 7 années au sein du Groupe Banque Populaire, durant lesquelles de nouvelles stratégies ont été mises en place favorisant la transparence et la concertation pour aboutir ensemble à nos objectifs communs. On se sent, par conséquent, tous imprégnés et engagés dans cet élan de mise à niveau et de développement.

Aujourd’hui, je me permets de dire haut et fort que la Banque Populaire s’est mise au diapason, lâchant sa horde de chevaux pur-sang arabes à travers le Maroc et le monde pour être un porte-drapeau de la finance nationale.

 

Avoir un poste avec autant de responsabilité vous empêche-t-il d’avoir du temps libre pour vous ?

Il est vrai que souvent les journées de travail sont longues et que mes différents déplacements n’arrangent pas forcément les choses, ceci dit, je m’oblige à trouver du temps libre pour moi et pour mes passions. Etant toujours une mordue d’équitation même si je ne pratique malheureusement plus ce sport (chute accidentelle il y’a plusieurs années) je trouve beaucoup de plaisir à participer aux évènements équestre, cela me permet de maintenir le contact avec les chevaux qui me procurent beaucoup de bonheur et de bienêtre. Aussi, de maintenir mes relations amicales d’enfance avec ce monde-là. Grace à mes quelques week-ends libres, je prends le temps de faire du sport et souvent m’échapper le temps d’un week-end pour me ressourcer.

 

Le fait d’être une femme vivant au Maroc a-t-il influencé votre manière d’exister et d’entreprendre ?

C’est vrai qu’une femme, non seulement au Maroc mais aussi en France ou même aux USA, n’a pas forcément la tâche aisée pour réussir dans la vie professionnelle et dans sa manière d’exister. Que vous soyez au Maroc ou ailleurs, la Femme c’est la Femme avec tous ses attraits, ses atouts puis ses compétences, à Elle de montrer et démontrer que la performance est là au même niveau que celle de l’Homme

Le respect est mutuel et se gagne des deux côtés. En fin de compte, nous sommes faits  pour vivre en harmonie, pourquoi alors chercher à contrecarrer des différences naturelles que Dieu a créées dans la vie.

Mon expérience au Maroc grâce à Dieu m’a permis de côtoyer des gens très respectueux des femmes. La Femme ou l’Homme sont vus comme ils aimeraient qu’on les voit et comme dans tout, notre liberté Femme ou Homme s’arrête là où la liberté de l’autre risque de devenir gênante ou embarrassante.

 

Quels ont été vos modèles durant votre jeunesse et que vous ont-ils transmis?

Mes modèles dans ma jeunesse sont mes grands parents qui ont réussi à me léguer toutes les bonnes valeurs issues des 2 cultures persane et marocaine.

Du côté maternel, le rattachement et le respect des traditions persanes m’ont été transmis depuis mon enfance, comme fêter le nouvel an iranien et ses coutumes chaque année pendant plus de quinze jours, les visites familiales en Iran ou aux USA pour garder la ferveur familiale malgré les éloignements. Je me souviens même encore de ma grand-mère qui me lisait des contes de Ferdowsi ou encore Omar Al Khayam…

Du côté paternel, nous avons vécu pleinement toutes les traditions marocaines grâce à la douceur de ma grand-mère allant de la réunion familiale du vendredi et des différentes fêtes et célébrations. Mes parents tous deux architectes avec leur ouverture d’esprit, leur créativité ainsi que leurs pensées d’artistes m’ont transmis cette capacité d’être sociable et communicative avec tout le monde.

Mon père grand amoureux de la ville de Casablanca et qui a été Président de l’ordre des architectes, m’a toujours fasciné par son dévouement et son militantisme pour préserver et restaurer le patrimoine architectural de Casablanca même si cela était au détriment de sa présence auprès de sa famille. Mais cela ne l’a pas empêché d’être toujours à nos côtés. Ma mère quant à elle, une femme exceptionnelle, sensible et tellement aimante, amoureuse de son domaine et si rattachée à la famille nous a inculqué l’amour du foyer.

J’ai retenu d’eux : la Foi en Dieu, la Famille, mon Pays, mon Travail, mes Amis, l’humilité, la mixité et surtout l’Intégrité.

 

Le fait d’avoir cette double culture Marocco-Iranienne vous a-t-elle servi dans votre carrière ?

Ma double culture m’a permis d’avoir une ouverture d’esprit plus aigüe quoique dans notre Pays nous ayons à la base deux cultures, richesse dont on ne tire pas assez profit. L’Arabe et le Français sont deux langues qui vous ouvrent tellement de portes d’adaptation dans tous les domaines. A cela la langue persane et la culture perse m’ont permis de m’intégrer et de capter la curiosité et le respect de mon entourage immédiat ou relationnel.

 

Quelle est votre philosophie ?

Ma philosophie est d’être entière, transparente, honnête. Etre en désaccord signifie se compléter car pour vivre heureux, il y a lieu de bien percevoir son entourage pour ne pas mettre à mal cette interdépendance des êtres. Il y’a 3 mots en anglais que j’ai toujours prônés et qui m’ont toujours drivée tout au long de mon parcours tant professionnel que personnel, je les appelle les 3 F (Fair, Friendly and Firm), ces trois mots résument pour moi une manière d’être en harmonie avec moi-même et d’être juste.

 

Si vous deviez conseillez 3 livres à notre jeunesse, lesquels choisiriez-vous?

Je conseillerais « Rêves de femmes » de Fatima Mernissi, écrivaine marocaine qui raconte les rêves inassouvis de jeunes filles marocaines dans la Medina de Fès.

Dans un autre registre, « The Secret » de Rhonda Byrne qui met en exergue le positivisme comme outil de la réussite.

Et « L’art de la guerre » de Sun Tzu, qui développe des thèses originales et des stratégies originales à adopter dans le monde professionnel, livre de chevet qui peut servir à tous les jeunes qui commencent à travailler.

 

Quel serait votre conseil aux générations suivantes de jeunes femmes marocaines ?

L’avenir vous appartient. Les opportunités sont sur votre chemin. Il faut savoir saisir l’occasion qui se présente et à vous de la rendre fructueuse car il n’y a que  vous qui puissiez la déclencher.

Gardez le sourire, c’est la clé du succès en ces temps difficiles et parfois angoissants. Oubliez le préjugés, gardez la tête haute, vous savez ce que vous valez et qui vous êtes et tant pis pour ceux qui ne le voient pas, comme on dit si bien en anglais « Their loss ! ». Je dirais que la Femme Marocaine vit dans un pays où l’expression « Yes we can » est plus vraie ici qu’ailleurs si vous en prenez les rennes sans baisser l’échine.

L’Homme et la Femme se complètent c’est la force de la vie dans la famille comme dans le travail, à nous de ne pas l’oublier.

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